• #MonsLivre2016 : interview de Hend Bouaziz

    #MonsLivre2016 : interview de Hend Bouaziz

     

    Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?

    L’envie d’écrire m’habite depuis de nombreuses années. Déjà adolescente, j’écrivais des textes courts, mais je n’avais pas le courage de les conserver et donc d’envisager de les publier. Il faudra attendre la Révolution du Jasmin et une période ponctuée par de nombreux couvre-feux en Tunisie pour que je commence à garder trace de mes écrits. C’est alors que je vais aussi traverser une période de solitude que j’ai employé à écrire. Plus tard, mon propre vécu va me rattraper pour continuer à écrire « Le jour et le jour d’après », avec la création, autour de moi, d’un cercle qui m’encouragera à poursuivre l’aventure plus loin et surtout à décrire cet amour fusionnel, trame principale du livre.

    Comment qualifieriez-vous votre style d’écriture ?

    Du point de vue de la lecture, je pense pouvoir le résumer ainsi : Fluide, léger. Par endroits musical. Une recherche constante de la rime et une agilité à passer du sentimental au fantastique, tout en me permettant un léger brin d’érotisme et en mélangeant le roman, au discours et à l’essai.
    Du point de vue de l’écriture, c’est plus complexe. Il y a une tendance à jongler avec les scenarios issus de mon propre vécu, à les amplifier ou les extrapoler, voire même à les anéantir. Le faux dissimule parfois le vrai et vice-versa, alors forcément, il y’a des parallélismes abstraits entre l’écriture et mon vécu, et cette barrière m’interpelle et me fait penser à une forme d’humour cachée dans le roman, qui peut aussi être perçu comme une certaine parodie du réel.

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    Parmi tous les personnages de vos écrits, lequel préférez-vous ?

    Ce serait plus judicieux de parler des personnages principaux (Sofia et Idriss) qui embarquent le lecteur dans une union spirituelle pouvant être perçue comme une épreuve d’émancipation, voire même une épreuve initiatique. J’ai un faible particulier pour le personnage de Lugo. Lugo est un personnage secondaire dans le récit. Serveur de café, il va intercepter par ses allées et venues la discussion de Sofia et d’Idriss. « Le jour et le jour d’après » traite beaucoup des divers regards que la société peut avoir sur les gens et les situations. Lugo est un personnage qui exprime volontairement une certaine culpabilité. Pour moi, il est le meilleur miroir de la société, avec sa mauvaise conscience qu’il garde pour lui-même et aussi, un mutisme qui le protège et qui protège ses secrets intimes. Lugo est le parfait exemple de quelqu'un qui reste dans une certaine parenthèse consciente. Il se juge. Il ne juge pas fondamentalement autrui, même s’il peut se permettre d’avancer quelques conclusions sur leur cas. Il est très conscient de ne pas être parfait. Il vit une belle histoire avec Juliet qui est racontée, mais Juliet n’est pas un personnage vraiment incarné. Juliet est une métaphore de la femme, de comment la femme doit être traitée.

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    Que diriez-vous pour (essayer de) convaincre quelqu’un qui ne vous a jamais lu, de franchir le pas ?

    Je pense que « Le jour et le jour d’après » est avant tout une invitation à voyager. A voyager à travers le monde, surement, mais aussi à voyager par des situations qui permettent de mettre à l’épreuve la passion spirituelle qui lie Sofia et Idriss. L’union spirituelle est la trame constante du livre et permet d’anoblir le sentiment, de l’inscrire dans une dimension supérieure à travers une multitude d’interrogations au fil et à mesure de la transposition des scènes. Il y a aussi un fond politique, mais ce fond est et ne pouvait être que le reflet de l’époque. Je veux inviter les lecteurs européens à entreprendre ce voyage vers ces horizons variés, d’autant qu’il est aussi question de foi, de discours religieux à recadrer pour une vie plus pacifique ici et là.

    Si j’avais une baguette magique et la possibilité de faire apparaître un écrivain là, tout de suite, qui aimeriez-vous rencontrer ?

    Ils sont nombreux, je pense et le choix est d’autant plus délicat que je risque de le regretter sous peu. Heureusement que de par mes lectures, j’en rencontre beaucoup. Cela me suffit de me projeter dans leur monde et d’atterrir marquée par leurs écrits, presque dans une bulle. Beaucoup me transportent ailleurs et il me faut parfois énormément de temps pour sortir de leur monde et retrouver le mien. J’aurais néanmoins aimé rencontrer Voltaire et l’interroger sur Candide et Pangloss qui m’inspirent significativement.

    Et un petit mot sur le salon ?

    C’est mon premier salon en Europe. Beaucoup de contacts. Beaucoup d’échanges et heureusement, une interaction positive à tous les niveaux. Je suis impressionnée par l’ouverture des lecteurs belges et par l’organisation du salon. Il régnait ce weekend end une ambiance très festive autour du livre. Avec près de quatre cent auteurs dans les rues de Mons, c’était simplement magique de faire des rencontres inattendues et d’échanger en toute simplicité avec de nombreux auteurs, de découvrir aussi leurs sensibilités et de nouer des contacts pour le futur.

     

    Lien utile : 

    Les éditions du net 

     


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